(...) "A répéter que les caisses sont vides, il ne faudrait pas accréditer l'idée – paradoxale – qu'elles sont inépuisables", a relevé Philippe Séguin taclant au passage, sans le nommer, le premier
ministre François Fillon, dont il a été le mentor en politique. "Il n'y aura peut-être pas de faillite [de l'Etat] mais il semble qu'on néglige les conséquences concrètes et inévitables de la
dérive des finances publiques sur la vie quotidienne des Français. Car plus on attend, plus il faudra payer", a-t-il assuré.
En 2008, la dette publique a augmenté de 118 milliards d'euros et atteint 1 327 milliards, soit 47 400 euros par actif. Sur cette dette, a précisé M. Séguin, la France doit payer "des
intérêts colossaux" : plus de 54 milliards, c'est-à-dire plus que le produit de l'impôt sur le revenu et plus de 2 000 euros par an et par personne ayant un emploi.
"On a atteint un tel niveau de déficit structurel et d'endettement, qu'une faible aggravation du déficit (liée par exemple, aux dépenses de vieillissement) pourrait provoquer un emballement
exponentiel de la dette", a indiqué M. Séguin.
Face à cette situation, il n'y a pas d'autres voies, selon lui, que "la réduction des dépenses et/ou l'augmentation des prélèvements obligatoires (en commençant par la réduction des
niches sociales et fiscales)". La Cour évalue à quelque 70 milliards d'euros les économies nécessaires pour ramener les finances publiques à l'équilibre.
Pour M. Séguin, qui juge
"trompeuse" l'idée que
"la France s'en tirerait mieux" que ses voisins,
"les lendemains risquent d'y être pire
qu'ailleurs".
Tiré de "La Cour des comptes s'inquiète du risque d'emballement de la dette" Le Monde du 24 juin 2009
Un autre article paru hier sur Médiapart par le des dangers de l'emprunt également rappelant l'expérience douloureuse pour les finances publiques que fut aussi (enter autres) l'emprunt passé par
l'équipe Balladur-Sarkozy quand ce dernier était ministre du budget :
Cet emprunt donc réalisé en 1993 devait être un emprunt façon crédit-relais (et selon Médiapart sans aucune justification économique sinon satisfaire l'égo politique et électoral de Balladur à la
veille des élections), représenta donc une perte sèche pour l'Etat comprise entre 3,3 et 4,3 milliards de francs, et donc avait contribué à creuser les déficits et la dette."
Là aussi le duo "gagnant-perdant" balladur-sarko avait lancé cet emprunt auprès des français, arrosant au passage banques et campagnes publicitaires coûteuses pour des raisons d'égo politique, au
lieu de lancer cet emprunt simplement sur les marchés, financièrement bien plus interressant.
Bref cet emprunt se révéla une erreur économique : le 16 juillet 1997, l'Etat avait donc remboursé au prix fort les quelque 90 milliards de francs qui couraient encore de cet emprunt. Cela se passa
le plus normalement et le plus discrètement du monde: par appel aux marchés. ..."
Voir à ce propos l'article sur Médiapart du 22 juin : "Sarkozy annonce un grand emprunt: attention, danger !"