Sarkozy, alors ministre du Budget sous Balladur, répond à la question du journaliste ce vendredi, interrogé sur l'affaire Karachi lors de sa conférence de presse clôturant le conseil européen de
Bruxelles :
"C'était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement. Enfin écoutez c'est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c'est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais
pas, je vous respecte mais enfin écoutez. Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements). C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. Alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise.
Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S'il
vous plait mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils enquêtent. Mais
enfin franchement qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se
sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus. 14 ans après vous venez me poser la question: 'est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais
dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur'. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous
aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir). Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable."
Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: "Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu'est-ce que vous voulez
que j'aille répondre là-dessus."
(déjà .. rien que ça , la honte !! et ce n'est pas parce-que je le méprise, bien qu'en effet je le méprise...)
Les faits : extraits tirés de l'excellente enquête d'investigation menée par Fabrice Arfi (Médiapart) et Fabrice Lhomme
Médiapart.fr du 19 juin 2009 :"Karachi: dès 2002, la DGSE a mené une opération de «représailles» contre des militaires pakistanais"
"les services secrets français ont mené en 2002 une opération de représailles –
«casser des genoux» – contre des militaires pakistanais suspectés d'être impliqués dans l'attentat de
Karachi. Le 8 mai 2002, cet attentat fit quatorze morts dont onze Français, employés de la Direction des chantiers navals (DCN). L'opération a été le fait du service «Action» de la Direction
générale des services extérieurs (DGSE). Cette information a été confirmée le 14 mai devant un juge antiterroriste par l'ancien agent de la DST, Claude Thévenet. Ce dernier a reconnu être l'auteur
du fameux rapport «Nautilus»: il révèle que l'attentat aurait été causé par le non-versement de commissions dues par l'Etat français, sur fond de règlement de comptes entre chiraquiens et
balladuriens. C'est aujourd'hui la thèse privilégiée par les juges.
Si ces informations devaient être définitivement validées par l'enquête judiciaire en cours, elles viendront solidement asseoir la thèse selon laquelle les commanditaires de l'attentat n'étaient
pas des islamistes liés à la mouvance Al-Qaïda, comme cela a été longtemps invoqué par les autorités françaises et pakistanaises.
De nombreux éléments tendent aujourd'hui à démontrer que l'attentat serait en réalité une manipulation de l'Etat pakistanais et de ses services secrets, l'ISI, visant à punir l'Etat français,
coupable d'avoir suspendu le versement de commissions et de rétro-commissions occultes en marge d'un contrat d'armement datant de 1994. C'est désormais la piste principale qu'ont décidé de suivre
les juges d'instruction antiterroristes en charge de l'enquête.
Selon plusieurs éléments versés au dossier, dont un rapport de renseignement interne à la DCN, rédigé en septembre 2002 par un ancien agent de la DST, Claude Thévenet, la vente par le gouvernement
d'Edouard Balladur au Pakistan de trois sous-marins Agosta pour 5,5 milliards de francs était assortie de promesses de versement de commissions à plusieurs dignitaires pakistanais. Mais également
de rétro-commissions destinées à financer en retour, en 1995, la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, campagne dont le directeur était Nicolas Sarkozy.
Or, sitôt élu à l'Elysée, Jacques Chirac, ennemi politique de MM. Balladur et Sarkozy, a suspendu le versement d'une partie de ces commissions – 180 millions de francs au total –, comme il en
avait fait la demande au nouveau ministre de la défense de l'époque, Charles Millon.
(...) On peut en effet lire dans «Nautilus», découvert par hasard par des policiers lors d'une perquisition à la DCN dans le cadre d'une autre affaire, que l'attentat de Karachi
«suit
plusieurs avertissements adressés localement au personnel diplomatique en charge de l'armement»
(..) Ce modus operandi plaide pour une participation des correspondants du bureau afghan de l'ISI. Ce dernier, lâché par le pouvoir politique depuis janvier 2002, recherche ses
propres modes de financement et a entrepris de reprendre les "dossiers impayés".»
(...) Ainsi, l'acte (supputé à Al quaida par les autorités françaises) n'a jamais été revendiqué. D'autre part, le quoditien
Libération a révélé le 18 juin qu'un lot de
photographies de l'attentat prises par un fonctionnaire américain, Randall Bennett, chef du service de sécurité diplomatique au Pakistan, avait été détruit
«sur injonction de la justice
française».
(..) Comment expliquez-vous sinon que le rapport "Nautilus", qui date de 2002, n'ait été versé au dossier qu'en 2009, tout ça parce qu'il a été découvert par hasard par des policiers ? C'est
hallucinant ! Je rappelle que la DCN est une entreprise étatique.»
(...) Ministre du budget du gouvernement Balladur entre 1993 et 1995, Nicolas Sarkozy a du coup vu son nom cité dans un rapport de police de mars 2007. Les enquêteurs, qui travaillent sur une
affaire de corruption au sein de la DCN, indiquent qu'en tant que ministre du budget Nicolas Sarkozy avait avalisé la création des sociétés implantées au Luxembourg, Heine et Eurolux, qui avaient
notamment pour vocation d'abriter les commissions occultes versées à la faveur des principaux contrats d'armement de la DCN."
Bref ... comme l'introduit le journaliste : "Ce qui apparaît comme l'un des plus lourds secrets de la République est en train d'éclater au grand jour." ... je l'espère ... un de plus en France
!
mais sarkomenteur, tu en fais trop pour que cela ne soit pas louche !!... Dommage